Le goût des choses simples

Le goût de profiter des choses simples est au coeur du yoga lié aux saisons, et de la sensibilité japonaise. C'est le concept de wabi. Wabi ne peut pas s'expliquer clairement en langage intellectuel.

L'une des clé est l'acceptation du véritable. Toutes les choses se détériorent avec le passage du temps, c'est une loi inévitable. Alors voyez vous les choses qui vous rappellent le passage du temps comme seulement détériorées, ou pouvez vous en ressentir la beauté?

Wabi c'est découvrir la beauté de la rouille, de la mousse, de la patine. Cela se comprend par l'intuition, comme une chose étant unique en son genre, qui embellit la nature, qui est faite de matériaux naturels, c'est une intuition douce et ambigüe à la fois.

Wabi, c'est accepter l'usure. C'est un concept qui exprime l'acceptation d'une situation pour en tirer l'abondance spirituelle. C'est ce sens avec les saisons qui passent.

Des ustensiles qui semblent simples, ou la beauté que vous ressentez lorsque vous êtes dans un jardin baignant dans le calme.


La vie moderne est de plus en plus numérique, et n'enseigne pas wabi. Pourtant, les problèmes écologiques ramènent malgré tout à une conscience de ne pas gâcher, ne pas jeter, réparer, recycler, réutiliser… À quelles fréquences avez vous besoin de stimulations modernes ou d'atmosphères naturelles, décontractées?

Wabi ou moderne, ne veut pas dire meilleur ou pire, mais il est important de ne pas perdre notre sensibilité pour continuer de détecter la sensibilité et la subtilité.

La régularité, l'imperfection sont considérées comme ayant une fin, alors que l'asymétrie, les irrégularités, les imperfections sont considérées comme sans fin.

La vie est simple du point de vue de la vie en elle-même, c'est l'oeil analytique qui la rend complexe.

Wabi, c'est la valorisation de la beauté qui n'est pas extérieure, pas formatée, pas standardisée. C'est ce qui valorise les qualités naturelles basées sur des principes naturels. On pourrait dire que wabi est une élégance faible et profonde jamais évidente.

Ainsi, par exemple, le poète japonais Murato Juko a écrit :"je n'aime pas la lune sans nuages" et déclare que la lune qui apparaît et disparaît entre les nuages est plus belle que celle qui brille lors de la pleine lune.


Sabi est le ressenti d'une certaine tristesse, qui se transforme en acceptation positive de la situation telle qu'elle apparaît. Ainsi, des feuilles en automne au sol, ou des branches où il ne reste que quelques feuilles solitaires, apportent toute leur ambiguïté de beauté et de nostalgie. C'est une sensibilité au goût de la vieillesse, de la tranquillité, ou des choses flétries. C'est une forme de solitude qui concerne le changement dans lequel l'essence intérieure se révèle extérieurement comme beauté. En d'autres termes, les choses qui manquent d'apparence ont une beauté unique.


Nous pourrions dire : "Nous ne pouvons pas empêcher cette situation inéluctable (comme le passage du temps), alors acceptons le , vivons le confortablement et soyons heureux de la situation". C'est une façon de penser qui capture avec optimisme et permet de ressentir la richesse spirituelle pour profiter des situations qui pourraient sembler dérangeantes ou nous troubler.

C'est aussi une manière de ressentir le goût pour les choses ou les parties manquantes. Le goût du manque et des choses simples peut au départ décontenancer , le formatage de la société moderne étant peut être aux antipodes de la valorisation de ces ressentis, mais si nous nous ouvrons à cette sensibilité du temps qui passe en beauté, un tout autre monde s'ouvre.

Ramener à la pratique du yoga lié aux saisons, c'est garder l'essentiel, c'est laisser le temps faire son oeuvre ou encore c'est laisser la saison nous transformer.


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